C'est la question la plus fréquente quand quelqu'un décède sans testament : combien revient au veuf ou à la veuve, et combien aux enfants ? La réponse portugaise se fait en deux temps que beaucoup confondent — et c'est de cette confusion que naissent la plupart des conflits entre frères et sœurs.
Étape 1 — La meação n'est pas de l'héritage
Si le couple était marié en communauté d'acquêts (le régime le plus courant au Portugal) ou en communauté universelle, la moitié des biens communs appartient déjà au conjoint survivant. Cette moitié s'appelle la meação. Elle ne s'hérite pas et ne se partage pas : elle est déjà à lui ou à elle.
Seule l'autre moitié — plus les biens propres du défunt — forme l'héritage à répartir. En séparation de biens, il n'y a pas de meação : chacun avait son patrimoine, et tout ce qui appartenait au défunt entre dans la succession.
Étape 2 — La succession légale, et la règle du quart
Sans testament, l'héritage se divise par tête entre le conjoint et les enfants, tous sur la même ligne. Il existe toutefois une protection : la part du conjoint ne peut jamais être inférieure au quart de l'héritage (article 2139 du Code civil portugais). Ce plancher ne joue qu'à partir de quatre enfants — en deçà, le partage par tête donne déjà au conjoint plus d'un quart.
Exemples concrets
- Conjoint + 1 enfant — la moitié chacun.
- Conjoint + 2 enfants — un tiers chacun.
- Conjoint + 3 enfants — un quart chacun.
- Conjoint + 4 enfants — le partage par tête donnerait un cinquième au conjoint, sous le minimum : le conjoint reçoit 1/4 et les quatre enfants se partagent les 3/4 restants, soit 3/16 chacun.
- Enfants sans conjoint survivant — parts égales entre tous.
Et s'il y a un testament ?
Le testament ne permet pas de déshériter ceux que la loi protège. Conjoint, descendants et ascendants sont héritiers réservataires : une part de la succession, la legítima, leur est réservée. En présence d'un conjoint et d'enfants, elle est de deux tiers ; le tiers restant est la quotité disponible, dont le défunt pouvait disposer librement. Le nombre d'enfants ne change pas la réserve — seulement la part de chacun.
Une précision importante sur l'union de fait
Le compagnon ou la compagne en union de fait n'est pas héritier réservataire. Il peut avoir d'autres droits, notamment sur la résidence principale de la famille, mais il n'hérite pas automatiquement comme un conjoint. C'est l'un des plus gros malentendus dans les familles.
Connaître les parts ne suffit pas : il manque le partage
Connaître sa fraction ne donne la propriété de rien de concret. Tant que le partage n'est pas fait, personne n'est propriétaire de la maison : chacun détient une quote-part sur l'ensemble. La succession reste indivise — et c'est exactement cet état que la loi n.º 49/2026, publiée au Diário da República le 17 août 2026, vient modifier. Le régime n'est pas encore en vigueur : le Gouvernement dispose de 180 jours pour l'adopter.
Règle générale, pas diagnostic
Cette page explique les règles telles que la loi les établit. Les appliquer à une famille précise suppose de connaître le régime matrimonial, les biens propres, les donations faites du vivant et d'éventuels testaments — c'est l'affaire d'un avocat, et HERDA oriente vers des avocats indépendants.